sanspermi

magnifique récit.

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j'ai chopé ce récit sur le net !!!
il foutrait presque la larme a l'oeil Sad




je n'ai pas pu resister à vous mettre une anecdocte que je viens de lire sur le blog d'un motard. un peu long à lire mais qui rappellera à certains d'entre nous ces moments un peu chaud qu'on a pu vivre sur l'objet de notre passion!

SAVE THE WHALES



Pour Mathieu, le 16/8/2003





Petite scène de vie, que je dédie à Mathieu, qui me manque souvent.









C était un été indien , je dirais de mémoire 1994.

Sur un Aller-retour Paris Grenoble, que j emprunte depuis maintenant tant d’années.

C’était devenu presque mon havre de paix ; mon 1100 GSXR SACS.. noir violet et moi, petit excité sur ce monstre d’aluminium , devenu ainsi roi du HIGHWAY.

Comme à mon habitude, cet été , tenue inexistante, sweet léger noir , jean noir le tout

façon le journal du X de l’équipe Canal plus.

Le soleil était déjà bas malgré l’heure, fin Aout nous rappelant comme à son habitude un automne supplémentaire. Je continue mon perpétuel massacre de mouches et insectes divers, qui se pulvérisent sur le nez implacable de mon monstre manga, et c est sans pitié que je continue. Les kilomètres défilent, je connais chaque bosse, chaque piège de ce bon vieux HIGHWAY , j en remercie encore notre bon Pompidou pour ses bonnes œuvres. C’est du costaud, ça mon cher, c est pas comme la bibliothèque nationale de notre bon mégalo favori, dont je ne citerai le nom, et qui nous vaut une honte nationale, partagé avec un porte avion nucléaire qui flotte pas, et le meilleur char du monde, notre bon Leclerc bien trop large pour passer sur les ponts……

Je philosophe, je m’égare, je suis médisant. Je sais, on me l’a déjà reproché.

Le compte tour ondule sur les 9500 tours, la vitesse occulte les 240 km/h, le moteur est aux anges, cette machine a été conçue pour moi. Ici tout semble si simple, les bandes se succèdent, indéfiniment ; inutile de se concentrer, les trois voies sont à moi, rarement perturbées par quelques véhicules familiaux sur le retour, si ce n’est quelques vibrations d’air lors de leur franchissement.

La police alors n’était pas source d’ennui, si ce n ‘est sur Auxerre et Avallon, ou j’ai déjà pu me distinguer par le passé.

Le signal d’essence se met alors a clignoter. Presque instantanément à cette vitesse suivi d’une vilaine secousse ; passage en réserve. Le gros bloc 1127 reprend alors son rythme implacable.

Je me ramène alors en vitesse sonique, pour un ravitaillement bien mérité.

J opte pour la dernière station avant la terrible enfilade en S du Morvan, une pure merveille.

Le YOSH Duplex claque comme seul un yosh sur un 1100 Suzuki sait le faire, toute la noblesse du bloc, fierté suprême, mon cheval noir est trop beau, un vrai cheval de feu.

Alors que j abreuve mon pur sang, moi qui n'ai pas croisé une seule moto, voilà que j’entends un feulement je lève la tête, et la, un CBR900 et son pilote en rupture de 6, en recherche de vitesse. C’est plus fort que moi, je paye illico, et repart comme un dératé a la chasse au Honda..

Je me mets en mode acquisition de cbr900.Mon aiguille est sur le rouge sur tous les rapports.

Toute la technologie japonaise est en pleine démonstration de domination, les soupapes enragées acceptent les mauvais traitements du boîtier électronique modifié, le Yosh hurle son bonheur, au grand damne de la faune environnante, le bloc d’acier et d’aluminium me démontre une fois encore son savoir-faire. L ‘aiguille est presque sur le 300 limité du jaeger.

Mon poids et ma taille mesurée m’autorisent le braquet démesuré alors installé sur ma machine, et l’aiguille passe le 300, pour aller se coller vers la butée, la route en est presque floue, le bruit a disparu, au profit d’un sifflement aérodynamique abrutissant.

LE CBR apparaît alors au loin, encore quelques kilomètres, et le tour est joué, il faut faire respecter le mythe du 1100, c ‘est important. Le CBR est tout proche, comme la parabolique du Morvan, un grand droite.

Je dépasse le CBR, rétrograde la 4, pratiquement encore sur le 300, et lui passe la 5 sous son nez. Le pilote du CBR est vert.



LA courbe est alors toute proche, le CBR est en parallèle du 1100. Je choisis l’intérieur.

Et alors, voilà que ce METZELER MEZ2 de merde chevauche un pointillé, et voilà aussi que mon moteur est pleine charge de 4eme, et peut être aussi cette petite humidité du soleil couchant, aussi et surtout ma connerie, moi, dieu de la route, invincible dans les paraboliques infernales, ou le frisson commence avec la sortie du genou pour faire l’appel d’air, ou la pression de l’air est nécessaire pour ce type de prise d’angle.



Tout n’est que sensation, et feeling. Et puis pourquoi toujours cette rage, toujours ce besoin d’adrénaline, alors que quand tout dégénère, on redevient alors un bébé, quelque chose d’insignifiant, on veut être dans les bras de maman, sous l’épaule de papa, bien au chaud.

Ou alors avec sa douce, devant un petit café, le regard tendre, les yeux fous, le regard fou.

Quel est alors ton destin pascal, est ce cela que tu voulais ? pourquoi de telles pensées dans de tels instants ?? Que fais tu pascal ? Tu dérives, tu glisses, tu ne sais vers quoi, mais tu y vas, en toute quiétude, réveilles toi pascal.



Tu es tel un soldat, fleur au fusil, qui crie gloire a ta patrie, gloire à ta race, gloire à tes convictions, tu es le maître du monde, tout plies sous toi, ta soif de guerre est infinie.

Ton M16 impose ton pouvoir, tu écrases les vies, mais aussi parce que ta survie en dépend, alors tu n es alors qu’un robot, un robot asservi de feu, un robot est invincible. Un robot n’a pas mauvaise conscience. Un robot n’est qu’une machine. Survient alors cette balle, à l’énergie cinétique meurtrière, à la vitesse cinq fois supérieure à celle du son. Quand tu l’entend claquer, elle t’a déjà traversé de part en part, c’est la loi du son. Tu sais que tu es déjà mort, mais toutes tes idées disparaissent, tu reves alors d’un instant paisible, chaleureux, simple ; une compagne, un enfant, une mère. Rarement un père, c’est ainsi.

De retour sur la réalité et la stupidité du high tech.



Mon destin, avec pour cause principale la folie du spirit, le valeureux et glorieux 1100, mal servi par son pilote entame alors une visite de l’enfer, histoire de faire comme papa, rien qu’une fois, une seule.



Le pneu arrière, pour toutes les raisons citées perd toute adhérence. Le moteur , sous le manque de résistance des frottements, s’emballe, et scotche l’aiguille sur les 13000 tours, et génère une vitesse de rotation sur la roue arrière hors des limites .. de la vie.



La moto fait alors une équerre complète, perpendiculaire au sens de la route, le CBR voit ma plaque d’immatriculation alors qu il est à mes cotés.



Je suis déjà mort je le sais, je le sens, mon cœur ne bat plus , j’en suis sur. Tout ne dure qu’un instant , mais un instant infini. Je vois ce parapet qui se jette sur moi , cet outil à découper les motards, si célèbre pour ses actes de barbarie. J’ai le temps d’avoir une larme, ce fils qui n’aura eu pour tout discours que le mot « papa », ce fils qui ne connaîtra jamais son père, ma sœur, que j’aime tant qui me pleurera longtemps, je le sais, j’en pleure encore parfois, ma mère qui posait déjà des larmes de crocodiles en 81, et pourtant si fier de mon 350 RDLC.

Ma mère qui ne voulait pas se faire voler son fils par ses crétins de japonais, juste bons a nous fabriquer des chevaux d’acier bourrés de technologie, et des nikkons et des Canon, au détriment de leur individualité, de leur vie de famille, vive le soleil levant !

Mon père qui n’ a jamais souhaité qu’une chose, partir paisible le jour venu, mais dans une chronologie normale, sans stress, lui qui à déjà connu ce moment critique avec son cœur défaillant, ce cœur injuste, tant de choses sont injustes, à chacun d’en tirer la meilleure expérience pour que la vie continue.

Les faits divers, un motard découpé sur l’A6, sans raisons réelles, peut être une défaillance mécanique, ou un acte volontaire, ou un acte malveillant, dixit les titres du parisien.

Flash. Les collègues qui l’apprennent, avec ou sans émotion. Les quelques amis, ou relations,

Avis partagés.. Toujours ma maman, ma sœur, mon fils qui n’est pas encore un petit garçon, qui un jour voudra savoir, comprendre, ou m’oublier.

Tant sont déjà partis, et c’est mon heure. Pourquoi sommes-nous comme cela ? Pourquoi veut on faire le mal, par le chagrin, et la détresse ?

SAVE THE WHALES, SAVE THE WHALES, sauvez les ces braves cétacés à la belle vie, l’esprit pur, au corps voluptueux, à la grâce naturelle et spontanée, sauvez-les.. Encore et toujours ces japonais., respectent rien, vraiment.

SAVE THE WHALES, mais bordel, sauvez-nous aussi, nous aussi, pourquoi pas nous sauver nous. On veux pas mourir., pas la, pas encore.



Le bloc 1100 se rapproche du parapet, sans fin, tout est certitude, je sais que j aurai pas mal, bien trop vite pour ça, je ne serai pas blessé, pas de risque, bien trop vite pour ça. Non tout sera bien simple finalement.

Dés le début de la panique, par réflexe, j’embrasse l’embrayage, et tire à fond, et contre-braque la machine. La machine dérive des deux roues, sans comprendre vraiment comment elle tient encore. Mon tibia est à moitié explosé par le repose pied ; Ce sont les coups de butoir lié aux vibrations. La machine reprend sa motricité sur l’arrière, et dérive mais en amorçant une courbe. Le parapet est la, le bracelet gauche touche le parapet, rebondit, revient, repart, la moto est presque dans l’axe, je reprend espoir, mais ce serait alors trop bête, il suffirait d’un rien, pour passer, la moto est enfin dans l’axe, le 1100 se réaligne, l’amortisseur de direction m’a bien aidé, je stoppe la machine, et suis alors incapable de marcher durant plus de 20 minutes, ma fréquence cardiaque me liquéfie, je ne peux rien faire qu’attendre.



Le pilote du CBR, qui n en revient encore pas, me dévisage, regarde mon casque avec l étoile jaune, et presque sérieux, me demande, tu t’appelles vin ?

Le bloc 1100 , patientait, lui, impassible, à toutes ces considérations humaines

Mes parents n’ont jamais su, juste ma sœur je crois.



Mathieu, il n’y a encore pas si longtemps a je pense connu les mêmes circonstances.

Dans son éternelle quête et son stress de sa vie, il a eu moins de chance, et nous a quittés.

Je pense souvent à lui, nous avions le même mode de vie, malgré l’écart d’age.



J ai gardé le 1100. il est neuf, et dort sous bâche au garage.




Pascal.

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Beau récit de nos moments de sollitude haut perché dans les tours... et des fois, il y'a un petit quelque chose qui transforme trop vite la suite... rendeer Mais très bien formulé! cheers

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CATRIDER 69 a écrit:
Temps que ça fini bien c'est cool


bah le récit fini bien , mais je crois bien que le mec est mort ya pas longtemps ShockedSad

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Putain, c'est beau ... Crying or Very sad


A+,

Jojo

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