PierrotGourmand

Concentration "Les Millevaches"

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Je ne suis pas très "concentration" (en dehors du SBK) mais ce texte m'a touché, et je me suis dit que j'allais vous le partager



Hivernale du cœur

« Ô temps, suspend ton vol ». Mon retour aux 1 000 Vaches une quarantaine d’années plus tard dans le cadre d’un viril romantisme s’est accompagné d’une Proustienne « recherche du temps perdu ». Qu’était donc devenue la première grande hivernale française ?

Grande, elle l’est toujours – plus de 3 000 participants a vu d’œil. Mais là n’est pas l’important. C’est dans son âme qu’une concentre est une réussite, ou pas. L’âme motarde ; tout un programme.

En 40 ans, la planète moto a connu tant de bouleversements. Vulgarisation, démocratisation, multiplication.... De 150 000 motards à près de deux millions aujourd’hui, il y a de quoi perdre son âme. D’autant que cette fulgurante accélération s’est accompagnée d’une diversité de machines, de styles de pratique, de variétés de passion… à vous foutre le tournis.

Mais là, dans cet immense champ vallonné, tout se calme. On est là pour perpétuer la tradition. La bonne tradition, pas celle d’une nostalgie geignarde. Mais bien celle, immuable, des purs amoureux de la moto. De ceux qui savent converser avec leur moto. Le voyage hivernal, quoique clément cette année, sera toujours un moment privilégié d’échange entre l’homme et sa machine. Qui n’a pas caressé son réservoir, tapoté sa selle, au terme d’une longue journée de roulage dans la froidure. On est là pour une réunion de famille. Une famille extraordinaire, multiculturelle, multisociale, multi tout, de groupes, de clans, de marques, de départements, de régions, de nationalités… unifié dans ce qui doit être l’âme d’une démocratie idéale. La communication et le partage sont les deux mamelles des 1 000 Vaches.

Il y a 40 ans, la moyenne d’âge des participants tournait autour des 20 ans. Aujourd’hui elle est plutôt d’une cinquantaine d’hiver et cela m’attriste. Certes, j’ai bien aperçu ici et là quelques jeunes, fils de vieux motards pour la plupart. Mais pourquoi la majorité de nos jeunes motards boudent-ils les concentres hivernales ? Plus le goût de l’effort ? Pas l’envie de communiquer avec les anciens, jugés rabat-joies ? Choix de moto inadapté ? (y compris celui de s’offrir une machine au-dessus de ses moyens, avec pour conséquence moins de roulage). Probablement un peu de tout ça, avec la perspective, à plus ou moins long terme, que les concentres disparaissent. D’où l’importance de les multiplier, de créer des clubs plus routard que compétition. Enfin, et surtout, c’est aux anciens de faire découvrir aux nouveaux l’âme des concentres.

Autre constat, la majorité des participants sont venus de province (petite ville / village). Alors que le gros des motards est dans les grandes villes. Résultat d’une pratique de la moto plus tourné vers son aspect pratique que ludique. Du moins pour le plus grand nombre de motards citadins. Je n’aime pas l’idée de « après nous le déluge », et toute ma vie professionnelle de journaleux a été dicté par « donner l’envie d’avoir envie ». La pérennité de la passion moto et de son développement en dépend. Ici au 1 000 Vaches, cette passion sature l’atmosphère, palpite autour de chaque feu de camp avec ce plus propre aux concentrations hivernales : la fraternité

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