Mustang57

Première sortie le 16 janvier 2011

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Ce matin, je n'avais pas envie de sortir.
Fatigué, une semaine avec des moments pénibles, des soucis, un stress important.
Normal quand on reprend le travail, mais quand même. Dommage qu’il y aie toujours des cons pour gâcher le plaisir.
On a envie d’avancer, d’aller plus loin, et eux, ils se contentent de rester là où ils sont, sous prétexte que… Enfin, le week-end est là pour décompresser. Mais je suis fatigué.

Je ne le sentais pas bien dans la tête, de prendre la moto. Madame insistait : « mais viens, prends la moto, on va faire un tour, çà te fera du bien. »
Non. Je ne suis pas bien, je n’ai pas envie.
J’avais bien lu que Hub sortait, d’autres aussi surement. John n’avait pas ses clés. Moi j’ai les miennes, mais non, pas envie.

Et puis, après déjeuner, le programme prévu pour l’après-midi étant bien compromis, çà arrive, c’est comme çà.
On a prévu un ordre des choses, et la première déraille, puis la deuxième, et enfin tout le programme s’effondre parce qu’un grain de sable a fait dévier la belle construction.
Il faisait beau, et nous n’avions plus rien au programme.

Alors, j’ai entendu le bruit qui résonnait depuis le matin autour de moi : les moteurs encore tout engourdis par le froid des dernières semaines qui montaient en régime sur les routes autour de Saint-Avold.
Tous ces motards du dimanche, qui, profitant de cette journée de repos, ont guetté pour voir si les prévisions d’Evelyne Dhéliat avaient dit vrai.
Même Hub avait vu qu’il y aurait une « fenêtre » comme il les appelle.
Ils se sont levés ce matin, et, frissonnants, ont ressorti la combinaison et les bottes, ont rebranché leur batterie, et se sont ébroués sur leur monture, vivifiés par le retour de l’astre, de Râ le bienveillant.
Puis ils sont montés sur les routes, les uns après les autres, petite cylindrée ou monstre rugissant, kékés et papys placides et bienveillants, sans distinction, avec le même engouement.

J’ai pris ma décision. Je savais que cela lui ferait plaisir. « On y va, prépares toi ».
Un passage par la cave : couper le simulateur électronique, débrancher les cosses, la rouge, la noire.
Prendre ce cœur prêt à battre, et l’amener vers le garage.
Là, il a fallu le reposer pour se frayer un chemin.
D’abord le traineau. Bouger ce traineau en bois n’est pas une mince affaire. Non qu’il soit lourd, il est en bois assemblé par des cordages, mais il est long et encombrant.
Puis en dessous, le trike des chiens. Un avant de mobylette, et un arrière de char de combat ou presque.
Puis les sacs de croquettes, il faut bien les stocker quelque part. Soulever la couverture, doucement, et réveiller le Tigre avec tendresse.

La selle soulevée, on procède au branchement du cœur. Encore un ingénieux ingénieur qui aurait mieux fait de se cogner la tête contre une poutre plutôt que de placer des branchements aussi biscornus.
Un Anglais sûrement.
Ou un Ecossais, avare de câble et qui a grignoté trois centimètres de câble en moins pour faire des économies et juste pour m’embêter.
En tous cas, il ne m’aura pas cet écossais. Quelques bordées de noms d’oiseau plus loin, je déjoue son piège, et tournant la batterie de 180°, je la place, comme elle doit être, dans son logement, avec les câbles de la bonne longueur.
Je suis sûr que l’écossais a fait exprès de dessiner la batterie de cette manière pour qu’on la prenne à l’envers. Ne rions pas. Les japonais sont pires que les écossais.

Ne pas oublier les sous gants. Madame est prête.
J’enfile le Schubert, merci SirWallace, merci Thierry pour ce casque merveilleux.
Un tour de clé. Un, deux, trois cylindres, le Tigre rugit.
Un léger mouvement du poignet, et déjà je suis dans la rue.

Direction le gonfleur de la station de la grande surface voisine. Il y a déjà des motos.
Il y a toujours des motos autour de cette station.
Je m’arrête avant la roue arrière de mon prédécesseur.
Vache ! c’est plus un pneu qu’il a, c’est un slick.
Il a même de légers lambeaux de gomme sur les bords externes du pneu. A mon avis, il doit soigner certains virages le monsieur.
Il me sourit. Tous les motards sourient par ce temps.
On échange un regard, quelques mots : « çà fait du bien de sortir, hein ? ». « Oui, et comment ».
Je soulève ma selle pour vérifier le manuel.
Dès fois que l’écossais aie changé quelque chose cet hiver.
Dernière page : 2,4 à l’avant, 2,9 à l’arrière.
Bien, çà n’a pas changé. Il valait mieux vérifier.
Le Dingo des virages me tend l’embout de caoutchouc.
C’est à mon tour. Il manque 0,5 bars devant et 0,7 bars derrière.
Waouuu, on a bien fait de s’arrêter. Comme quoi, même à l’arrêt çà se dégonfle.

Contact, ma passagère remonte, on repart. Oui, la moto est mieux maintenant, je la sens mieux, plus franche. On prend à droite, direction Longeville.
Attention il y a des trous. Je le sais, je les vois tous les jours en allant au boulot.
Voie de gauche. Ca réagit bien, il fait bon, attention aux trous.
Rond point de Longeville, je prends à gauche, vers Faulquemont.
Petit coup d’œil vers les bureaux, et la quatre voies est là.
Le Tigre lâche son rugissement. Le gros rugissement.
Celui qui fait du bien. Celui qui vous vibre dans les os.
Les rapports montent… vite.

On a le soleil en face, éblouissant, radieux.
Il fait bon, qu’il est agréable de rouler.
Doucement, quand même, ils sont peut être de sortie et çà n’est pas le moment de se faire prendre.
Il faut repasser à 110, passer en dessous des 20% d’écart. Qu’il fait beau !

Le ciel est bleu, uniformément bleu.
Sur la droite, le soleil inonde de jaune.
Devant à gauche, la ligne bleue sombre des Vosges.
On voit le Donon. Signe de beau temps et de temps froid.
Même pas un pincement au cœur en passant non loin de mon ancien job. C’est du passé maintenant.
On croise d’autres motards. Je lève la main sans me rendre compte qu’à cette vitesse là, le bras s’envole.

Mais déjà il faut ralentir. Le rétrécissement de voies annonce la fin de la quatre voies.
On arrive au rond point de Faulquemont. Clignotant à gauche, on part vers Morhange.
Les rapports montent, en douceur. Cool, la route campagnarde incite au calme.
La vision de ces kilomètres de ruban qui serpentent dans la campagne mosellane incite par contre plus à ouvrir les gaz.
Non, soyons raisonnables. Profitons de cette magnifique vision bucolique, les vaches, l’herbe, le soleil, le ciel bleu.
Le Tigre ronronne désormais.
Ma passagère rectifie sa position et se cale bien derrière moi. Je sens ses mains se poser dans mon dos. Signe de détente. Signe de fraicheur également.

Un village, puis un autre. Et là, un panneau qui indique vers la gauche : « étang de la Mutche ».
Clignotant, on y va.
La route se fait plus étroite, mais serpente beaucoup plus.
J’enchaine les virages, en souplesse, en trajectoire.
Le style BMW comme je l’appelle, comme les motards de la Gendarmerie.
Quel plaisir ! Quelques flaques dans les prés inondent les pâturages. Puis je prends à droite, vers l’étang.

On y arrive. Plein de monde. Des promeneurs, des enfants, des chiens, des vélos.
Tant de monde qui profite de cette belle météo. Du calme de l’eau, de la quiétude de la nature.
Je passe en seconde, je relève la mentonnière, cool. On discute tout en se frayant un passage parmi les promeneurs. Les chalets à droite sont vides, mais ils sont mignons, déposés çà et là dans la prairie.

La route serpente désormais le long du chemin qui entoure l’étang. Toujours des promeneurs, avec leurs chiens, ou sans. On reviendra avec nos chiens à l’occasion. Promis.

La petite route de la zone industrielle, le rond-point de l’entrée de Morhange, et nous reprenons la direction de Saint-Avold. Le petit ruban se déroule vers Grostenquin. Quelques voitures, peu nombreuses, m’autorisent à placer quelques dépassements.

Déjà le soleil descend lentement sur l’horizon, là bas à gauche.
Je tourne vers Lixing.
On dirait que quelqu’un a laissé la porte du frigo ouverte, là à gauche.
Le soleil éclaire toujours encore, mais ne chauffe plus. Dans quelques minutes il aura disparu et il fera froid.
Et puis après, il fera nuit. Et la nuit on ne voit pas les trous.
On passe le S de Lixing.
Qu’est ce qu’il est agréable ce Tigre. Haut sur patte, mais tellement merveilleux à balancer dans ces courbes.

Une des dernières accélérations, je le sais, et je me fais déjà plaisir avec le souvenir de cette balade.
Altviller, et cette terrible impression de ne plus avancer.
Comme il est difficile de rester à 50 sur une ligne droite où il n’y a rien, ni obstacle, ni même de maisons au bord de la presque totalité de la « rue ». Mais bon.
La montée arrive, dans le village, quelques derniers virages et nous serons « en ville ».

Ca y est, nous y sommes. Il n’y aura plus de grosse accélération aujourd’hui. Plus de montée des rapports.
Il fait déjà plus froid. Comme si le soleil savait que la balade arrive sur sa fin.
Quelques ronds-points, les lumières de la ville. Attention aux passages pour piétons et aux plaques d‘égout.

Dernière ligne droite, le feu rouge. Le voisin nous fait un grand signe. Il savait bien qu’avec ce beau temps on sortirait la moto.
Bien oui on l’a fait ! Que voulez-vous ! C’est comme çà un motard, çà peut pas résister à l’attrait de la balade quand il fait soleil.

Oui ma chérie, on a fait une belle balade, merci de m’avoir accompagné.

Non, on n’a pas pris l’appareil photo comme Papy Moustache.

Tant pis pour eux, ils n’auront pas de photo.

Nous, on garde le souvenir.

Et le plaisir de cette première balade en 2011, au mois de janvier. Un 16 janvier.

Avec mon Tigre.


Very Happy

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Même sans les photos, on s'y croirais, Mustang cheerscheerscheers
Et ça donne plus qu'envie de remonter très vite sur une machine

En plus, l'endroit où tu es allé est très agréable et reposant
Je suis certain que tes molosses aimeraient en faire le tour Very Happy

Mustang57 a écrit:
Non, on n’a pas pris l’appareil photo comme Papy Moustache.

Heureusement que j'étais là lol!lol!lol!
http://daelim125.forum.free.fr/viewtopic.php?t=38&start=0&postdays=0&postorder=asc&highlight=

A bientôt l'ami Mustang

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Merci pour les photos, c'est bien ce qu'on a vu, les mêmes eaux, les mêmes plantes, les mêmes pêcheurs (mais un peu plus habillés) , tout pareil...

Bientôt Papy Moustache, bientôt à nouveau.

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Admin a écrit:
par contre je vais mettre une rubrique "consultation psy" vous en avez besoin... lol!lol!lol!lol!lol!


Sûr que ce sera utile, et com' on est coool... on te garde une place, et tu peux même passer en premier ! lol!lol!

Parait même qu'avec l'hypnose, on fait ressurgir des souvenirs oubliés... du genre "mais où sont les clés ???" Twisted Evil


Super ton CR Mustang, je n'en ferai pas un sur ma balade mais t'as raison: pour une première sortie 2011, c'était vraiment extra, une journée à ne pas manquer. sunny
(m'enfin, quand on a ses clés ! Laughing )

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Admin a écrit:
je trouve plus mes clefs du coup..


euhhhh scratch euhhhhh

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En fait, il suffirait qu'il y mette un porte clé facilement identifiable... on en trouve plein sur le net :











lol!

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Rôôôhhhhhh ils sont vache avec toi John ... moi je rigole pas, c'est chiant ce qui t'arrive Shocked

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hi ! hi !
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désolé !
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euh pardon .... c'est chiant ce qui t'arrive ! Mad je compatis Mad

Wink


Mustang : Je me rékipépète : T trop fort !

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