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Modification du permis : de petits appoints

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Dominique de Villepin a présenté, mercredi 8 novembre, les modifications qui seront apportées au permis à points. La FFMC regrette l’absence d’une réflexion de fond.

Le permis à points a été instauré en 1992. Combiné au CSA (contrôle sanction automatisé), inauguré fin 2003 avec la pose du premier radar automatique, il semblait être arrivé à ses limites.
Une mission d’évaluation devait pointer les failles du permis de conduire et trouver les solutions pour les combler. Les mesures annoncées, qui tendraient à s’attaquer à l’ensemble du système, veulent s’articuler autour de trois axes : information, pédagogie et responsabilisation.

Pas de révolution, une évolution très timide
Rien de révolutionnaire dans les mesures prises après des mois de réflexion. Courant octobre, la FFMC avait rencontré M. Aribaud, préfet en charge de la mission d’évaluation. Elle regrettait déjà « qu’une réflexion de fond sur le permis de conduire soit écartée, au profit d’une mission d’évaluation aux visées à court terme ».

La majorité des retraits de points sont dus aux flashes des radars. La disproportion entre retraits et faute commise reste d’actualité, notamment pour des fautes qui n’ont plus rien à voir avec la mise en danger d’autrui. « Le système n’a clairement plus pour vocation de faire progresser la sécurité routière. Mais simplement de faire respecter la règle par la sanction, tout en remplissant très efficacement les caisses de l’Etat », déplore la FFMC.

Malgré les éloges qui présentent les mesures annoncées, la formation et la sensibilisation restent oubliées dans la pratique.

Brosser les électeurs dans le sens du poil
Pour Villepin, « la sécurité routière ne doit pas être vécue comme une contrainte mais comme un projet collectif, un projet auquel les Français adhèrent ».
Puisqu’il est question de sécurité, difficile de voir en quoi le peu de modifications apportées au permis, et les petites mesures qui les accompagnent sont réellement aptes à l’améliorer. De même, rien ne vient remettre en question le contrôle automatisé, qui ne s’occupe presque exclusivement que de la vitesse. Les effets pervers de cette politique bornée, telle la recrudescence de la conduite sans permis*, ne semblent pas vraiment préoccuper nos dirigeants.

Les changements annoncés constituent certes une amélioration de confort, essentiellement en termes de démarches administratives. Mais ils auront surtout comme effet de calmer des usagers de la route de plus en plus mécontents de perdre des points. L’automobiliste et le motard sont des électeurs qu’il convient de ménager en cette période de pré-campagne électorale.

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